théâtre / du 10 au 12 juin 2022 – Atelier Grand Cargo / 26 et 27 août – Théâtre du Concert
© Arnaud Robert

Yves Robert – texte et mise en scène

Laurence Iseli et Blaise Froidevaux – jeu

Denis Rabaglia – intervenant en dramaturgie

Arnaud Robert – photographie

Cargo15 & Atelier Grand Cargo – production

Théâtre du Concert (Neuchâtel) – partenariat


à propos du journal du silence

« c’est une histoire triste, mais drôle, ou bizarre, ou indéfinissable, bref c’est ce que prétend le chocard qui me l’a racontée, vous savez, c’t’oiseau avec un bec jaune et des pattes rouges, mais il ne se souvenait pas vraiment de ce qui c’était passé ce jour-là, juste que la femme avait fait une terrible chute dans les rochers, mais qu’elle était encore vivante et qu’elle se posait plein de questions, mais comme un chocard, d’ailleurs comme tous les oiseaux du monde, a toujours une réponse à tout, alors, ils ont papoté en attendant les secours qui devaient venir, mais il n’en était pas très sûr bien que c’était certain qu’ils viendraient, bref la vie des humains, c’est compliqué qu’il a dit… puis il s’est envolé. »


pistes autour du récit

Le journal du silence explore la relation à la culpabilité, à la proximité de la mort et à la modestie de la résilience.

Il est construit sur deux personnages avec un premier protagoniste dans une humanité réelle, une femme blessée, et un autre au comportement antagoniste armé de la délicieuse malice des animaux, soit être narquois, à distance, parfois empathique, mais toujours interrogateur. C’est un chocard, ce drôle d’oiseau au bec jaune et aux pattes rouges qui connaît la vanité naturelle des humains et s'en éloigne en fréquentant les cimes.

Le chemin des dialogues permet à la femme de s’interroger sur le processus de ses actes (elle a provoqué un accident), la profondeur de sa culpabilité et les perspectives de sa vie à poursuivre et à assumer.

Le chocard est un révélateur plus impliqué dans le drame qu’il paraît au début de la pièce.

Au fil du récit, le spectateur découvre que les tragédies s’établissent souvent sur un simple détail.


Un extrait de l’ébauche

Le chocardLa poésie ne se révèle pas sur demande, mais la poésie ne se moque jamais. Et puis, tu as eu une drôle de nuit, un moment j’ai pensé que tu finirais dans l’estomac d’un gypaète, tu sais le gros emplumé un peu sale qui bouffe les os des cadavres. Il y en a un qui traîne dans la vallée… un gypaète, pas un cadavre. Sommes pas amis… faut dire il pue du bec. J’ai peut-être parlé un peu vite concernant le cadavre… en fait, à bien y réfléchir, la poésie se moque de tout. Et à y réfléchir encore plus, la poésie est plus contradictoire que moqueuse. J’ai l’air de me mélanger les pinceaux, mais je sais très bien ce que je veux dire ou je ne sais pas ce que je veux pas dire. Tu comprends ?

La femme

Le chocardLa pensée des chocards est volatile, faut bien l’admettre... tu as eu une drôle de nuit, on va structurer tout ça. Je suis très compétent pour structurer « l’instructurable ».


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